• Masters de Feu

Une profession se meurt…




Depuis le début de la crise due à la Covid 19, dans l’indifférence la plus totale, une profession se meurt. Alors que l’on s’entasse dans les transports, sur les plages, dans les restaurants, il est impossible d’assister paisiblement à un spectacle pyrotechnique. Partout, en France et dans le monde, des entreprises de création sont à l’arrêt depuis plusieurs mois. La seule solution pour elles ? S’endetter en espérant une reprise… Mais quand, dans combien de temps ? Comment vont-elles résister ? Mystère !


Alors que les restaurateurs font entendre leur voix par le biais des médias, les entreprises de l’évènementiel et du spectacle n’ont pas la parole. Faut-il rappeler que l’économie dépend des uns et des autres ? Lorsque le public assiste à un spectacle, quel qu’il soit, l’économie d’une ville, du département ou de la région s’en ressent. Faut-il rappeler que des milliers d’emplois sont en jeu, que toute une partie du patrimoine culturel est en péril. Car derrière ces étoiles, ces étincelles et toute cette lumière, des femmes et des hommes sont là, dans l’ombre, pour les faire vivre…





A travers le monde, depuis des décennies, des concours internationaux font découvrir cet art pyrotechnique. Les Masters de Feu en font partie, et aujourd’hui, nous tentons d’exprimer toute la colère et l’amertume d’un secteur en grande souffrance.


Dès le début du confinement, les annulations sont tombées, sans cohérence les unes avec les autres, par décisions locales. Des spectacles ont pu voir le jour, tandis que d’autres ont été annulés sans raisons apparentes, sans que le seuil du nombre de spectateur soit atteint. Pour nous, il fut difficile de reporter les Masters de Feu, difficile de ne pouvoir mettre en avant le savoir-faire de ces entreprises participantes. Nous sommes loin d’être les seuls. Sur l’ensemble du territoire, on estime que le secteur a été touché à plus de 90%. N’avez-vous pas été sensible à cette obscurité aveuglante lors de la fête nationale ? Ne vous a-t-on pas privé de lumière festive ? Comment l’un des spectacles des plus fédérateurs peut-il être autant être ignoré ?


Alors, que faire ? Un groupe de travail, composé d’une vingtaine de professionnels, a vu le jour il y a quelques mois pour tenter d’exprimer, dans un mémoire à destination du gouvernement, toutes les difficultés de la profession. Pour notamment faire entrer cet art ancestral au rang de patrimoine culturel, ces spectacles étant le fruit de l’imagination et du talent de créateurs. Sans oublier qu’il nous rassemble à chaque instant fort de notre vie de citoyen. L’union fait la force, et plus l’union sera grande, plus la profession sera entendue !


Il est certain que cette profession ne pèse pas lourd dans la balance économique et ne se compte qu’en millions, pas en milliards. Mais le poids de l’histoire ne compte-il pas ? N’oublions pas que le premier feu d’artifice Français eut lieu pour le mariage de Louis XIII et Anne d’Autriche, sur l’actuelle Place des Vosges, à Paris. N’oublions pas que le traditionnel 14 juillet, illuminé de feux d’artifices, existe depuis 1880. N’oublions pas….


Alors, encore une fois… Que faire ? Si la sécurité sanitaire demande un effort national, la raison voudrait une ligne d’actions cohérentes : protection des professions que l’on empêche d’exercer, protection des emplois, et pas uniquement ceux de plus grosses entreprises.


Partagez cet article un maximum, faites entendre les voix du spectacle, des feux d’artifices, de ces femmes et ces hommes qui prennent du plaisir à vous émerveiller, et qui aujourd’hui sont abandonnés.


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